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Les jeunes se réunissent pour combattre les préjugés

Le samedi 4 juillet 2020, Fedactio a organisé un atelier sur les préjugés et stéréotypes raciaux. Une vingtaine de jeunes étaient réunis pour ce premier « Peace Café » pour apprendre à mieux comprendre et déconstruire les préjugés et réfléchir à comment lutter contre les discriminations qui en découlent. L'atelier a été animé dans une ambiance conviviale par  Mme Sarah Degée, professeure de psychologie et psychopédagogie et chercheuse associée à l'Institut de Recherche Formation Action sur les Migrations (IRFAM).

Les stéréotypes et préjugés s’inscrivent dans une action spontanée de l’esprit humain à catégoriser les individus pour mieux appréhender, maîtriser, ordonner et systématiser son environnement.
Diverses études ont mis en lumière combien les stéréotypes constituent un élément fondamental des relations intergroupes. À travers eux, un individu est assigné à une catégorie à partir de certaines caractéristiques (comme son apparence physique) et en négligeant les autres. Cette assignation à une catégorie conduit à attribuer à l’individu en question toutes les caractéristiques du groupe.
Si certains stéréotypes peuvent sembler avoir une connotation positive (par exemple : "les noirs sont bons danseurs", "les femmes sont douces"), ils ont souvent des conséquences négatives ("les noirs ne pensent qu'à se divertir", "les femmes sont faites pour les soins"), c'est pourquoi il est important d'apprendre à les repérer et à les déconstruire.

C'est à travers différents jeux et animations que Mme Degée a amené la problématique. Les supports comme les activités étaient variés, et le passage du collectif à des groupes plus réduits et permis aux langues les plus timides de se délier. L'ambiance était détendue et propice à la discussion constructive. L'atelier a été l'occasion pour certains participants de prendre conscience des conséquences néfastes des préjugés, pas toujours évidentes de prime abord.

À la fin de la séance, nous avons demandé aux jeunes ce qu'il était possible de mettre en place à leur échelle afin de lutter contre les préjugés et mettre fin aux discriminations qui en découlent.
Parmi les propositions avancées, certains ont proposé d'investir le champ politique à travers un parti, des manifestations, ou la création de comités de soutien aux victimes. L'idée étant de visibiliser un maximum ces questions, une autre proposition était d'invertir internet et les réseaux sociaux (Instagram, Discord...)
D'autres ont mis en avant le fait de donner le bon exemple, en soulignant qu'avoir un bon comportement peut contribuer à un mieux vivre ensemble, mais en prenant conscience que la charge de la responsabilité n'avait pas à peser uniquement sur les épaules des personnes d'ascendance étrangère. Une réponse similaire est à trouver dans la mise en place de campagnes de "role models" auxquels les jeunes peuvent s'identifier (notamment pour la déconstruction des préjugés sexistes).
D'autres encore ont proposé de sanctionner les auteurs de discrimination, en prenant pour exemple l'exclusion d'un établissement scolaire d'un auteur de propos racistes, ou la censure sur internet. Dans un même temps, ils ont exprimé des réserves quant à l'efficacité d'une approche répressive sur le fond du problème, et sur le risque d'exacerber les tensions et la frustration et d'être au final contre-productif. Une autre réponse envisagée est un travail de prévention, en mettant en place des ateliers éducatifs, pédagogiques, comme par exemple des cours de citoyenneté et de diversité culturelle et de montrer aux auteurs de propos racistes les conséquences néfastes de ces derniers pour les victimes. La plupart étaient d'accord pour souligner l'importance des rencontres entre personnes de différents horizons, épinglant que bien souvent les personnes racistes ne côtoient pas vraiment l'autre.
Enfin plusieurs jeunes ont proposé d'organiser des activités qui rassemblent, notamment à travers le sport, la musique, l'art, la réalisation de courts-métrages... en expliquant que l'importance était de construire ensemble à travers un jeu collectif, sans se préoccuper de l'âge ou des origines ethniques des participants.

L'ensemble des participants s'est montré intéressé de réitérer l'expérience sur d'autres sujets citoyens et problématiques sociétales. Parmi les souhaits exprimés, celui de voir un public encore plus diversifié participer aux ateliers, notamment des Belges "de souche".
Les idées proposées par les participants rejoignent directement la philosophie de notre projet. En effet, cette activité s’inscrivait dans le cadre plus large des « Peace Café » du projet « CommUnity » projet européen d'intégration culturelle qui entend prévenir les idéologies radicales en réunissant des jeunes de différents horizons auteur de diverses activités culturelles ou artistiques.

La formation des jeunes fragilisée par la crise


Ce mercredi 15 juillet 2020, nous célébrons la Journée mondiale des compétences des jeunes. Cette année est marquée par la crise du COVID-19 et le confinement durant lequel les établissements scolaires ont dû fermer leurs portes afin de contenir la propagation du virus. Cette fin d’année scolaire a été l’occasion de basculer, souvent dans la précipitation, vers l’enseignement à distance. Ce type d’enseignement entraîne des difficultés considérables, aussi bien pour les étudiants que pour les professeurs, en termes de concentration, préparation, d’adaptation des programmes, de connectivité, d'évaluation ou de certification. C’est dans ce contexte particulier que Fedactio a souhaité recueillir les témoignages des principaux intéressés, en donnant la parole à deux jeunes étudiants ayant eu des difficultés à suivre leurs études durant la crise.

Le premier témoignage nous vient de Mustafa, un étudiant de 20 ans en 6e année professionnelle à Mons :
« Le confinement a été un peu dur pour moi, car je n’ai pas l’habitude de rester tout le temps à la maison. Je faisais deux formations en parallèle en suivant des cours du soir tous les jours après l’école. D’un coup, on t’enferme chez toi. Je n’arrivais plus à me concentrer, je ne pouvais pas ouvrir un cours pour étudier, c’était compliqué. Bien sûr il y a eu de la flexibilité. Personnellement j’ai réussi mon année car nous avons été évalués selon nos résultats du mois de décembre. Mais j’ai le sentiment que mon niveau d'intelligence a diminué, qu’il a été sous-exploité, car je n’arrivais pas à travailler depuis chez moi. J’ai essayé de m’adapter à la situation, mais mon cerveau était déconnecté. Et c’est sûr que je vais avoir du mal à m’y replonger, je suis en retard et il va falloir travailler dur pour me mettre à jour. »

Le second témoignage est de Nihal, 21 ans, étudiante en sciences sociales à la VUB (Bruxelles) :

« Je savais déjà que mon cursus était difficile car j’ai trois matières principales. Durant la crise du coronavirus, nous avons reçu tous les documents nécessaires à la préparation des examens. J’ai eu le sentiment que les professeurs estimaient qu’on devait être en mesure de travailler, alors que ce n’était pas toujours possible, car dans un même temps avec le virus beaucoup de choses se passaient. Certaines personnes perdaient leurs proches, etc. C’est une véritable pandémie, mais j’ai eu l’impression que les professeurs ne s’en rendaient pas vraiment compte. Ils se contentaient de dire « ok, nous traversons une pandémie, nous vous souhaitons bon courage ». À titre d’exemple, durant un examen j’ai dû répondre à 3 questions ouvertes. J’ai fait de mon mieux pour rédiger 6 pages en 3 heures. En temps normal ça n’aurait pas posé de problème, mais ici j’étais confinée depuis plusieurs mois. Il n’y avait pas suffisamment d’endroits où je pouvais améliorer mes compétences ou étudier. Ils nous ont balancé ces 3 questions sans alternative, en nous poussant à y répondre. J’ai depuis reçu mes résultats, j’ai réussi dans certaines matières, échoué dans d’autres. Au départ, je pensais que les professeurs se montreraient plus compréhensifs, mais ça n’a pas été le cas. Ils n’ont pas réellement pris la mesure de tous les problèmes que vivaient les étudiants comme le stress ou d’autres problèmes invisibles. »

Outre le fait de perturber leurs études, la pandémie inflige d’autres difficultés aux jeunes : en provoquant une nouvelle crise économique elle anéantit leurs perspectives d’emploi et constitue une entrave pour ceux qui veulent accéder au marché du travail ou cherchent à se réorienter. Si avant la crise l’accès à l’emploi et à une situation économique stable était déjà particulièrement difficile pour les jeunes, la situation s’est depuis dégradée. Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), un jeune sur six a cessé de travailler à cause du coronavirus, et 23% ont vu son temps de travail diminuer de 23%. La hausse du chômage des jeunes est l’un des plus grands problèmes auxquels les économies et les sociétés sont confrontées dans le monde actuel, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.

Conscient de l’importance de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle, Fedactio, à travers ses plateformes Jeunesse et Éducation, souhaite donner aux jeunes un espace d’expression et de développement de leurs compétences et soutenir leur transition vers le monde du travail. En promouvant l’enseignement d’excellence et l’acquisition de compétences par les jeunes, nous souhaitons leur permettre de devenir les citoyens éclairés de demain et de poser en connaissance de cause les meilleurs choix pour leur avenir.

#DesMasquesPourTous, les bénévoles de Fedactio confectionnent des masques

#DesMasquesPourTous. Merci à vous qui avez fabriqué les masques et les blouses, que ce soit pour les hôpitaux, les maisons de repos ou pour les associations à une période où la pénurie faisait rage. Protéger ces personnes en première ligne, c’était aussi protéger la société entière.

Fedactio et ses associations membres, se sont montrés très sensibles aux difficultés que chacun a pu rencontrer pour se procurer un masque et en particulier le personnel soignant. C’est ainsi que, souhaitant contribuer de façon solidaire, nos bénévoles se sont naturellement mobilisés pour trouver le tissu approprié et les élastiques nécessaires à la confection de milliers de masques et surblouses de protection !

En tant que Fédération, il nous semble particulièrement pertinent de mettre en avant la montagne de travail accompli par nos bénévoles pour la collectivité et de remercier chaleureusement leurs efforts. Encore merci pour votre élan de générosité !



#DitesLeurMerciAvecDesBiscuits, des sucreries pour le personnel soignant

Merci à vous qui avez préparé tant de biscuits et de gâteaux pour le personnel soignant au sein de notre campagne #Ditesleurmerciavecdesbiscuits. Ces gestes ont pu montrer toute notre sollicitude à l’égard de ces héros du quotidien, et donner un peu d’énergie pour affronter un quotidien bouleversé par le virus.

Avec notre campagne "Dites-leur avec des biscuits", les bénévoles de Fedactio encouragent le personnel soignant des environs avec des biscuits et des gâteaux savoureux agissant comme un coup de pouce énergétique ! Durant ces dernières les bénévoles de Fedactio ont préparés et distribués des milliers de plateaux desserts pour le personnel soignant à travers toute la Belgique. Les réactions de la direction et du personnel soignant ont été vraiment chaleureuses !

#LoinDesYeuxPrèsDuCœur, des dessins pour nos seniors

Merci à vous et à vos enfants qui avez mis vos émotions sur papier que ce soit en dessinant ou en écrivant un mot, un texte ou un poème pour les résidents des maisons de repos dans le cadre de #Loindesyeuxprèsducoeur. Ces œuvres ont constitué un moyen de communication salutaire avec nos aînés, rompant ainsi avec leur isolement et leurs quotidiens confinés.

« Les jours sont difficiles pour les résidents mais aussi le personnel, une petite attention donnerait un peu de gaieté dans ce stress constant. » Voici le message d’une directrice d'une maison de repos bruxelloise, un message parmi tant d’autres posté un groupe de solidarité sur les réseaux sociaux. Avec le coronavirus, la solidarité est fort heureusement une valeur refuge !

En tant que Fedactio, nous avons toujours travaillé pour le vivre ensemble et développé des projets pour rapprocher les communautés et les individus or ce qui nous est demandé aujourd’hui, et ce qui est crucial pour le bien de tous est ce qu’on appelle la “distanciation sociale”. Nous préférons l’appeler « distanciation physique » mais rapprochement social, loin des yeux, mais près du cœur. C’est dans les moments les plus durs que nous avons le plus besoin des uns des autres. Cette épreuve nous montre qu’il faut se serrer les coudes et agir ensemble pour que nous puissions ensemble nous en sortir.

Si nul n’est épargné sur le plan psychologique ou social, nous vivons cette crise tous différemment Nos aînés sont les plus touchés à tout niveau : sorties et visites interdites, perte des résidents voisins etc... Nous sommes conscients qu’ils sont particulièrement affectés par la crise du COVID-19 et que le sentiment d’isolement a de grandes conséquences sur leur moral.

Les conséquences de la pandémie de COVID-19 peuvent être très angoissantes pour les enfants également. Dû notamment au changement de routine quotidienne qu’entraîne la fermeture des écoles et autres activités extra scolaires, sans compter le stress qu’ils peuvent percevoir dans leur entourage.

Nous avons donc eu l’idée de rapprocher ces deux générations en demandant aux jeunes de dessiner et/ou écrire un petit mot positif et réconfortant afin de mettre du baume au cœur des séniors. De nombreuses personnes des 4 coins de la Belgique ont répondu à notre appel citoyen #LoinDesYeuxPresDuCoeur.

Nous sommes fiers reçus de si beaux dessins et d'avoir envoyés l'ensemble à plus de 1400 maisons de repos en Belgique.

#IftaronsPourEux, des repas pour les plus démunis

Iftarons pour eux, un appel solidaire à cuisiner pour les plus démunis. Des milliers de repas préparés et distribués par les bénévoles de Fedactio ! Merci à vous qui avez préparé des repas pour les plus démunis durant le ramadan  les #Iftaronspoureux. Des milliers de repas ont été distribués aux sans-abri, aux migrants, et aux personnes défavorisées, durement touchés par les conséquences du COVID19. Contrairement aux années précédentes, nous n’avons pas pu ouvrir nos portes comme à l’accoutumée, mais nous avons ouvert nos cœurs.

Depuis trois années, notre projet « Iftarons » permet à des milliers de personnes de toute confession de se réunir autour d’un repas de rupture du jeûne. Chaque année, de plus en plus de bénévoles ouvrent leur maison et leur cœur à des inconnus dans toute la Belgique.

En raison du contexte exceptionnel causé par le Covid 19, les mesures de confinement que nous devons respecter ne nous permettent pas de réaliser notre projet comme tel. Cependant Iftarons s’adapte et s’allie à l’initiative citoyenne « Pour Eux » qui compte à ce jour plus de  4600 bénévoles rien qu’à Bruxelles.

Depuis le début du confinement de la population, les personnes sans-abris se retrouvent dans des situations encore plus précaires que d'ordinaire. Des milliers de bénévoles cuisinent et livrent à vélo des repas aux SDF, dans le respect des règles d'hygiène.

Le principe est simple, le cuisinier ou la cuisinière s’inscrit via un formulaire entre 8h00 et 12h00 et un livreur ou une livreuse vient chercher le panier le même jour entre 17h00 et 19h00 et réalise ensuite une maraude.

Nous pensons que l'action #PourEux a toutes ses chances de perdurer après la crise par la réalité de la rue et des besoins constants, mais aussi parce que le mouvement apporte une touche personnelle essentielle. Les repas sont préparés avec amour et livrés par des citoyens. 

Les bénévoles de Fedactio ont préparés et distribués plus de 1.800 repas durant le mois de Ramadan !

Fedactio organise un panel sur les droits des femmes en situation de conflit et d’instabilité

Le jeudi 5 mars 2020, Fedactio a organisé, en partenariat avec Others et Peaceful Actions Platform, et avec le soutien du Parlement européen et de HeForShe, une campagne de solidarité pour l'égalité des sexes lancée par l'ONU Femmes, un panel sur « les droits des femmes en situation de conflit et d'instabilité ». Au cours de cette rencontre de nombreuses femmes, à la fois chercheuses, activistes des droits humains ou victimes ont pris la parole pour dénoncer les différentes formes de brutalité auxquelles les femmes sont confrontées en situation de crise.

Présidée par Dani Kranz, anthropologue et directrice de Two Foxes Consulting, le panel pointait du doigt les violences sexistes utilisées par les gouvernements.

Après l’intervention de plusieurs experts et activistes, nous avons eu l’occasion d’écouter les témoignages émouvants de réfugiées du Moyen Orient.

Parmi les intervenantes, Zaina Erhaim, journaliste syrienne et coordonnatrice pour la Syrie du projet Institute for War and Peace Reporting a pointé le doigt sur le rôle du patriarcat dans la reproduction des violences. Après avoir énumérer plusieurs pratiques d'autonomisation, Mme Erhaim a souligné l'importance dans la lutte contre les inégalités des espaces protégés où les femmes peuvent librement s'exprimer sans être jugées ou se sentir en danger.

"Nous n'avons pas de droits, tout le monde nous prive de nos droits. Il est difficile d'être une femme ici. Nous sommes confrontés à toutes sortes de violences et répressions. Les forces d'Assad veulent notre mort et d’autres veulent que nous soyons faibles, contrôlées et incapables », a partagé Bradan, réfugiée syrienne.

Où en est la justice sociale ? (1/3) Entretien avec Pascale Jamoulle, anthropologue

La justice sociale est un principe fondé sur l’égalité des droits entre individus et la possibilité pour tous de bénéficier du progrès économique et social. Promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois, mais à garantir les droits fondamentaux et la dignité de tout individu. En tant que Fedactio nous œuvrons pour la justice sociale lorsque nous luttons contre le sansabrisme, les discriminations envers les migrants, les inégalités de genre, ou pour l'accès à un enseignement de qualité. Chaque fois que nous enlevons un obstacle liés au genre, à l’appartenance ethnique, à la religion, ou à l'orientation sexuelle. nous œuvrons pour la justice sociale. 

En Belgique selon les dernières études, 48% des travailleurs belges n'ont pas les moyens d'épargner à la fin du mois et 5,2% des Belges vivent sous le seuil de pauvreté malgré un emploi. Au niveau mondial, 20% des travailleurs vivent toujours dans la pauvreté et ne bénéficient pas des fruits de la croissance économique. Toutes ces inégalités empêchent les gens de réaliser leur plein potentiel et de sortir de la précarité, c'est pourquoi il est urgent d'agir. L'Organisation Internationale du Travail rappelait dans ses principes fondamentaux qu'il ne saurait y avoir une paix universelle et durable que fondée sur la base de la justice sociale, et qu'elle ne pourrait avoir lieu sans un traitement décent des travailleurs. En tant que Fedactio nous estimons que la seule façon de parvenir à la justice et à la cohésion sociale, c’est de remettre l'humain au centre des politiques économiques, sociales et environnementales. 

Dans le cadre de la Journée mondiale de la justice sociale, nous nous sommes entretenus avec une série d'acteurs académiques ou associatifs. Cette première interview donne la parole à Mme Pascale Jamoulle, docteur en anthropologie et chargée de cours à l'université (UCL et UMONS).
Propos recueillis par Abdussamed Ozyurt

Mme Jamoulle bonjour, merci de nous accorder cet entretien. Pourriez-vous, pour commencer, vous présenter en quelques mots et nous parler de votre parcours académique ainsi que de vos travaux de recherche ? 

J’ai d'abord fait des études d'assistante sociale avant de travailler à l'école Decroly en tant qu'assistante sociale. J'ai ensuite repris des études en philo et lettres romanes. Et j'ai travaillé plusieurs années comme enseignante de français avec des personnes en pré-formation issues de l’immigration, et de l'immigration italienne en particulier. Et c'est suite à ce travail-là que j'ai commencé à publier des articles, des livres sur la question de l'interculturalité, et que j'ai commencé à faire de la recherche. J'ai travaillé avec les populations toxicomanes sur la question de la réduction des risques et la question de la sortie de drogues. J’ai ensuite fait de l'anthropologie et travaillé sur les questions des femmes et des logements sociaux, puis sur la question de la départenalisation en milieu populaire, ce qui a donné lieu à ma thèse de doctorat et puis un travail sur les questions de genre et de migrations, d'exil et de précarité. 

À l'heure actuelle, nous entendons beaucoup parlé de justice sociale dans le débat publique, qu'évoque ce terme pour vous ? 

C'est pour moi l'inverse de la souffrance sociale. La justice sociale permet des rapports démocratiques entre individus, tant au niveau de l'accès aux ressources, qu’à l'éducation ou à la culture ; elle permet la démocratie entre les sexes et de la décolonisation des esprits. C'est à ce niveau que ce joue l'équité sociale. 

Quand on parle de justice sociale, s’agit-il d’un positionnement moral ou bien existe-t-il des indicateurs nous permettant de l’objectiver ? 

Les premiers indicateurs que j’observe ce sont les populations de rues. Quand les populations de rues augmentent, c'est que la justice sociale ne fonctionne pas. C'est qu'il y a des trous dans la sécurité sociale, dans les solidarisations et dans la démocratie. Or c'est le cas aujourd'hui. 

C’est donc le terrain qui permet d’identifier les difficultés sociales ? 

Oui. Aujourd'hui à Bruxelles et un peu partout ailleurs, les populations de rue débordent. C'est le premier indicateur pour un ethnographe des rapports socio-économiques que l'insertion sociale ne fonctionne plus pour une partie importante de la population. En ce qui concerne les rapports de genre, un des premiers indicateurs va être la construction dans les quartiers de relations apaisées ou de tensions de genre. Ensuite l'explosion des violences conjugales et intrafamiliales, ou la construction de familles apaisés. Au niveau culturel ce sera les questions de discrimination et de racisme d'un côté, et les questions d'interculturalité et de décolonisation des esprits de l'autre. 

Selon vous la montée des mouvements populistes et d’extrême-droite un peu partout dans le monde est-elle la corollaire des inégalités sociales ? 

Oui mais pas que, c'est aussi les conséquences des modèles ultra-libéraux et de la mondialisation. Et au-delà des inégalités sociales, il y a les inégalités de genre et de race. Je pense que toutes les formes de replis et de passéisme, sont des réactions à l'angoisse et la peur de ne pas avoir sa place dans le monde. C’est ce qui pousse les individus à se replier sur leur communauté uniquement. 

Nous vivons dans une société de plus en plus clivée sur les questions socio-économiques, les mouvements de contestations sont-ils l’expression d’une certaine frustration ? 

Je crois qu’une part grandissante de la population a une colère légitime, des mouvements comme les gilets jaunes en sont un mode d'expression, mais il y en a d'autres comme les émeutes urbaines par exemple. Il y a aussi des mouvements alternatifs dynamiques où la colère est convertie en projet de société, mais ce n’est pas toujours le cas. C'est clair que le sentiment d'être écrasé et isolé, sans cercle, est un sentiment qu'ont de plus en plus de gens. Les frustrations sont immenses et par moments débordent. 

Peut-on parler de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en Belgique ? Si oui, est-elle efficace ? 

Si elle était efficace, ça se saurait (rire). Le seuil de pauvreté est toujours fixé à +- 1.100 EUR et le taux de populations qui vivent en dessous varie de 15 à 16% ce qui est relativement stable. Par contre on constate une augmentation importante du nombre personnes vivant sous le seuil de pauvreté qui échappent aux indicateurs et ne sont pas captés par les statistiques. Notamment les populations de rue, les femmes dépendantes de leurs conjoints, et les jeunes NEET (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) qui passent sous les radars des institutions qui ne sont tout simplement pas en contact avec les institutions et qui donc ne sont pas pris en compte. Ce sont de grands réfractaires sociaux et que les politiques sociales n'arrivent plus du tout à capter parce qu’elles sont de plus en plus rigides, basées sur l'activation, donc sur des contraintes, qu'une parties des gens n'acceptent plus. Ces personnes se retrouvent doublement contraints ; d’un côté on leur demande de trouver un emploi alors qu’ils n'ont pas du tout les qualifications, de l’autre ils sont directement contraints par les structures et institutions. On observe par exemple qu’énormément de jeunes ont droit aux aides du CPAS mais n’en font pas la demande. On peut également citer les détenus qui ont droit à des congés pénitenciers mais qui vont à fond de peine. La méfiance vis à vis des institutions, y compris sociales est en expansion. Toutes les nouvelles mesures ou législations en matière de chômage ou de CPAS ne vont pas réduire la pauvreté, elles visent juste à réduire l'écart entre les populations et les dispositifs. 

Comment mesure-t-on la pauvreté ? 

Tout d'abord il y a des indicateurs statistiques. S’il y a bien un indicateur qui est accolé au mot pauvreté c'est le seuil de pauvreté, un indicateur économique. On voit bien que nous sommes plus dans une société où cette pauvreté devient de la précarité. La pauvreté telle que représentée dans les recherches c'est une question de statistiques, alors que pour la précarité c’est plus de l’ordre du ressenti. C’ est à la fois dans le fait d'avoir peu, mais en plus d'avoir peur de perdre ce peu, parce qu'on ne sait pas ce que l'avenir réservera. Ce qui est à mesurer n’est pas que socio-économique, on peut l’aborder sous différents angles : la précarisation familiale, de la santé physique ou mentale… 

Les mesures pour l’emploi sont-elles un bon moyen de lutter contre la pauvreté ? 

Oui, mais ça dépend quel emploi, il y a des emplois qui ne sont pas durables et soutenables. Ça dépend des conditions de travail, ça dépend aussi si l’emploi est adapté aux qualifications. Si on multiplie les intérims et les petits boulots qui échappent complètement au droit du travail, si on prend en compte les titres services, où les femmes qui ont des temps partiels avec des salaires extrêmement bas, les emplois avec des déplacements constants ou un boulot très dur physiquement, l'accès à l'emploi ne permet pas de sortir de la pauvreté. 

La lutte contre les inégalités est-elle avant tout une responsabilité politique ou bien la société civile a-t-elle aussi un rôle à jouer ? 

Les deux, mais c'est avant tout une responsabilité politique. Puisque ce sont les politiques qui vont permettre à la société civile de subsister. Il suffit de voir les difficultés financières dans lesquelles se trouvent certaines structures, services publics ou associations. Leur marge de manœuvre est faible quand il n’y a pas de subsides publics. Donc bien sûr que les associations ont un rôle à jouer mais elles doivent pouvoir vivre et ne peuvent uniquement reposer sur du bénévolat. 

Peut-on envisager la transition écologique en laissant de côté la question sociale ? Peut-elle avoir lieu sans toucher au pouvoir d’achat des plus défavorisés ? 

Non évidemment, on ne peut séparer les deux. Prenons le logement social, si les gens se retrouvent dans des situations d'habitats délabrés, indignes, mal isolé, la consommation d'énergie va être immense. Nous ne pouvons travailler notre empreinte écologique que si nous en avons les moyens. 

Selon vous, y a-t-il des solutions pour mettre fin à la pauvreté, ou tout au moins la diminuer en Belgique ? 

Pour la pauvreté, on peut toucher au seuil de pauvreté en augmentant les allocations, mais ce n'est qu'une des dimensions du problème. Si maintenant on parle de la précarité, il faut agir sphère après sphère, il faut sortir des généralités et se pencher sur des exemples particuliers. Se poser la question de manière générale, c’est aussi abstrait que de se demander comment accéder au bonheur Si par exemple on veut traiter la précarité familiale, il faut mettre en place des politiques qui permettent une coparentalité efficace par exemple, qui soutiennent autant le rôle des mères que des pères. Si on s’intéresse à la précarité de l'emploi, il faut une politique de l'emploi qui soit durable. Et ainsi de suite il faut vraiment prendre toutes les sphères sociales touchées par la précarité et voir, à partir de l'expérience des gens, quels sont les leviers qui pourraient améliorer la condition.

Fedactio participe à la Marche Mondiale des Femmes

Le dimanche 8 mars 2020, l'équipe de Fedactio a participé à la Marche Mondiale des Femmes. L'occasion pour Fedactio de réaffirmer son engagement dans la lutte pour l"égalité.


Cliquez ici pour voir la vidéo
Bravant la grisaille, c’est plus de 6.300 personnes qui se sont rassemblées à Bruxelles ce dimanche 8 mars 2020 afin de marcher pour les droits des femmes dans le cadre de la Journée internationale des femmes. Fedactio s’est joint à cette marche, qui à l’initiative de la Marche Mondiale des Femmes, rassemblaient dans son cortège de nombreux citoyens, partis politiques, syndicats, travailleurs sociaux et associatifs. Plusieurs activités été organisées avant le départ du cortège au départ de la gare de Bruxelles-Central, notamment un flashmob, des prises de paroles, des témoignages et des hymnes en l’honneur des femmes avant le départ vers la place Poelaert. 
Les nombreuses personnes présentes ont brandi des pancartes et scandé des slogans tels que « Stop au sexisme », « On veut des droits, pas des fleurs », ou « Mon corps, mon choix », « Féminicides pas une de plus » ou « Protégez vos filles, éduquez vos fils »

Les initiateurs de la Marche ont appelé à une convergence des luttes, rappelant qu’il ne peut y avoir d’avancée en matière de lutte contre les violences faites aux femmes s’il n’y a pas dans un même temps d’avancées dans la lutte contre la précarité et les inégalités sociales. Les chiffres sont là : en Belgique 70% des personnes en situation de pauvreté sont des femmes, ce qui les plonge souvent dans la dépendance financière. 

L’égalité des genres est cruciale et nous ne pouvons que nous réjouir des avancées obtenues ces dernières années, nous sommes cependant encore loin de la ligne d’arrivée. Selon les dernières données de l’institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), la Belgique fait partie des bons élèves mais nous regrettons la lenteur du processus. Selon l’EIGE, le principal défi auquel doit faire face la Belgique dans le domaine de l’égalité hommes-femmes concerne l’inégale répartition du temps pour les activités sociales et de soins. En effet, les femmes continuent d’assumer l’essentiel des responsabilités familiales : 43 % des femmes consacrent au moins 1h/jour aux responsabilités familiales contre 29 % des hommes ; 81 % consacrent au moins 1h/jour au ménage et à la cuisine, contre seulement 32,5 % des hommes. 
Cette inégalité de partage du temps est observée dans le domaine des activités sociales. Les hommes pratiquent plus souvent des activités sportives, culturelles, bénévoles, à caritatives ou de loisirs en dehors de la maison. On constatera également que les femmes gagnent en moyenne toujours moins et qu’elles sont moins présentes dans les domaines du pouvoir que les hommes. 

En participant à cette marche, nous souhaitons également montrer notre solidarité vis-à-vis des luttes pour les droits des femmes à travers le monde comme au Mexique, au Chili, au Liban, en Algérie …mais aussi contre les guerres et les violences faites aux femmes au Soudan, en Syrie, en Turquie et dans de nombreux autres pays. 

Fedactio s’engage de longue date dans la lutte pour l’égalité de genre et tant que celle-ci ne sera pas atteinte, nous continuerons à lutter. Preuve de notre engagement Fedactio organisait quelques jours auparavant un panel international sur la question des femmes en situation de crise et de conflit.